Une Commission pour retisser des relations justes
Le triple visage du Christ nous a rendu visite ce lundi après-midi au Conseil général.
Il portait, comme toujours, les marques de ses blessures, dans son corps et dans son cœur avec le lourd fardeau de l’abandon, les traces de l’humiliation, du fouet, du rejet et de la souffrance de l’innocent.
Son triple visage méconnu a pris la forme de trois « Indiens », survivants des pensionnats amérindiens du Canada.
Tous les trois, avec dignité et dénuement, ont partagé l’histoire qui est commune à quelque 80,000 survivants des « pensionnats indiens » qui est l’envers de l’histoire du Canada construit sur les souffrances, l’humiliation et le génocide spirituel, intellectuel, économique et social des peuples autochtones du Canada.
Chacun à sa manière a relaté l’enlèvement de leur famille par les officiers des Affaires Indiennes, leur incarcération dans les pensionnats régis par les Églises, où la peur, les abus de toutes natures - sexuels, moraux, spirituels et physiques - ont formé le lot quotidien de ces enfants innocents, dont le seul crime était d’être « Indien ». Chacun a parlé de sa descente en enfer subséquente à son enfance volée, puis des situations d’alcoolisme, de violence, de rage et de mépris de soi. Puis ont suivi les récits d’une lente et tenace émergence à la vie, à la dignité, à l’amour de leurs enfants, et, la plus improbable résurrection, la volonté de « brûler la haine » en eux et de pardonner. De se pardonner - de s’accepter - et de pardonner aux autres. On pouvait sentir l’Assemblée totalement engagée dans l’effort de l’Église unie de tisser des relations nouvelles.
Bâtissant sur ces témoignages, Jamie Scott, responsable des questions touchant les pensionnats et les réparations, a fait un bref rappel de l’origine de la création de la Commission nationale Vérité et Réconciliation et a présenté madame Marie Wilson, de Yellowknife, récemment nommée l’une des trois nouveaux Commissaires.
Marie Wilson présenta les objectifs principaux de la Commission Vérité et Réconciliation :
- Faire la vérité sur le phénomène et l’impact destructeur des « pensionnats indiens »
- Recueillir les récits des survivants, à travers leur témoignage, les documents d’archives audio, imprimé, filmé
- Rendre ces documents accessibles au grand public
- Établir des lieux de mémoire pour éveiller la conscience de la population canadienne des abus faits aux enfants, aux familles aux communautés autochtones
- Inviter à une vigilance publique afin que de tels abus ne se reproduisent jamais
- Établir des recommandations pour que le gouvernement du Canada agisse.
Marie Wilson, membre de l’Église Unie - et qui parle bien le français -, appellera l’Église unie à s’engager à tous les niveaux dans un processus d’éducation, de participation, d’écoute des témoignages et de construction de relations nouvelles.
« Imaginez, dira-t-elle, si au cours des audiences de témoignages, il n’y avait personne de la population pour les recevoir ! » Ce serait comme un second viol par le mépris, in absentia.
Le Christ soufrant, de nouveau, nous a montré son visage parmi nous. Il s’agit pour nous de panser les blessures et de guérir : les Autochtones, de leur souffrance et de l’abandon, et nous les non-Autochtones, de notre ignorance, de notre mépris et de notre injustice.
L’Église unie doit vivre sans hésitation sa demande de pardon face aux Autochtones et s’engager à tisser des relations nouvelles, mutuelles et justes a rappelé Marie Wilson.
Rendu possible grâce aux dons au
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